Faut-il encourager la vente à découvert?

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Wikipédia décrit la vente à découvert (to short en anglais) comme consistant : » à vendre à terme un actif que l’on ne détient pas le jour où cette vente est négociée mais qu’on se met en mesure de détenir le jour où sa livraison est prévue. ». Cette pratique est souvent mal comprise et généralement décriée comme étant une déclinaison particulièrement révoltante des dérives spéculatives du marché financier. Or, la question est moins claire qu’on pourrait le croire. En fait, il est possible que l’écosystème institutionnel entourant celles et ceux qui « short » ait des avantages positifs autant pour le marché financier que pour la société en général.

L’argument favorable à la vente à découvert consiste à dire que la vente à découvert, c’est-à-dire « parier » sur le fait que la valeur d’un titre va descendre, crée un incitatif pour l’investisseur de faire des recherches et à investiguer les pratiques qui pourraient nuire à l’entreprise. Autrement dit, une entreprise peut être victime des investisseuses à découvert si celle-ci cache des pratiques douteuses ou des résultats défavorables. C’est notamment ce qui est arrivé dans l’affaire Valeant (l’entreprise pharmaceutique lavaloise). Une jeune investisseuse ayant déniché dans les résultats de l’entreprise est irrégularité a décidé de « shorter » l’entreprise. Pour que son placement porte fruit, elle devait montrer que l’entreprise était réellement surévaluée par le marché. Une « short-seller » ne fait que de l’argent si le titre perds de la valeur. C’est en ce sens où certains défendent l’idée que le « short selling » est positif, c’est-à-dire qu’il est source de plus d’information. Si le marché financier a une fonction de découverte de prix, la vente à découvert peut servir à améliorer la qualité de l’information transmise par le prix.

Si vous voulez entendre un échange érudit sur le sujet, je vous recommande ce fascinant épisode du podcast Capitalisn’t.

Si le sujet vous intéresse, il y a l’épisode 3 de la première saison de la série Netflix Dirty Money qui raconte l’histoire de Fahmi Quadir, une jeune investisseuse spécialisée dans la vente à découvert qui s’est attaquée à Valeant. Il y a aussi le documentaire Betting on Zero qui raconte l’aventure du milliardaire Bill Ackman qui a utilisé la vente à découvert pour s’attaquer à l’entreprise Herbalife qui n’était, selon lui, rien de plus qu’une entreprise basée sur la vente pyramidale.